La sexualité pendant la grossesse
La vie sexuelle en dehors de la grossesse dépend de l'intimité du couple et est donc très variée. Par conséquent, il est difficile de présenter un tableau de ce qui serait "normal" durant la période de grossesse.
En principe, la grossesse ne doit pas représenter un obstacle à la vie sexuelle. Le bien-être physique et psychique de l'enfant ne court aucun danger en cas de relation sexuelle.
La grossesse offre à cet égard l'opportunité pour le couple de se remettre en question et d'aborder certains thèmes rarement abordés, tels que les désirs et aversions de chacun. La grossesse, les changements physiques permettent d'expérimenter de nouvelles positions, de nouvelles formes de sexualité, plus tendres par exemple. Il s'agit pour le couple de considérer ces changements comme une chance d'accéder à une vie sexuelle épanouissante.
Durant le premier trimestre, le désir sexuel de la femme peut être réduit en raison des éventuels désagréments causés par le début de la grossesse (fatigue, nausées, vomissements, angoisses, ...). En outre, les seins peuvent s'avérer douloureux au cours des premières semaines, ce qui rend tout contact pénible. Au cours de cette période d'épuisement des millions de divisions cellulaires construisent un être humain et constituent autant d'impacts sur le métabolisme de la mère. La femme aspire surtout à de la tendresse, de l'intimité, de la compréhension, du dialogue. Les massages, des étreintes affectueuses seront les bienvenus.
A partir du second trimestre de grossesse, le désir sexuel de la femme augmente généralement, et cela tant au niveau qualitatif que quantitatif. La dilatation du vagin et du périnée constituent une importante stimulation. Dans certains cas, la fréquence des envies sexuelles de la femme à cette période peut être supérieure à celle de l'homme. Certaines femmes ressentent à ce point cette excitation qu'elles se satisfont bien plus souvent elles-mêmes. Il faut signaler que la masturbation est sans danger du point de vue médical, que ce soit en temps normal ou pendant la grossesse. Elle permet en outre d'éviter qu'un partenaire exige trop de l'autre. Il s'agit par ailleurs de rassurer les parents: la paroi amniotique forme pour l'enfant une enveloppe sûre, et celui-ci ne risque rien lors des rapports sexuels. En outre, pour autant qu'il s'agissent de relations régulières au sein d'un couple, l'angoisse que des relations sexuelles ne causent des infections pouvant mettre le ftus en danger est en général injustifiée. En raison de la place croissante prise par l'enfant dans le ventre de la mère, certaines positions se révèleront de plus en plus difficiles. Il suffit alors d'essayer la meilleure position dans laquelle la femme peut parfaitement contrôler la profondeur de pénétration du pénis.
A la fin de la grossesse (environ vers la 34e semaine), le désir de relation sexuelle a tendance à diminuer de nouveau. L'homme peut à cette période présenter lui-aussi une tendance à éviter les contacts sexuels. Durant les dernières semaines, la tension peut monter au sein du couple, mais même à ce moment, il n'y a pas lieu de renoncer aux rapports sexuels. A la date prévue pour l'accouchement, certains gynécologues pourront même encourager le couple à avoir des relations sexuelles. Ceci est dû au fait que le sperme de l'homme contient de la prostaglandine, une hormone naturelle pouvant provoquer des contractions dans l'utérus. La stimulation du bout des seins peut encore favoriser les contractions. Si les deux partenaires apprécient, rien ne s'oppose à une telle "mise en route" de l'accouchement.
Il y aura lieu de limiter les relations sexuelles dans certains cas. En cas de saignements, où dans les cas ou le placenta recouvre partiellement ou totalement l'orifice interne du col, il est conseillé d'éviter la pénétration. Si des contractions prématurées se manifestent, il est recommandé d'utiliser un préservatif afin d'empêcher la prostaglandine contenue dans le sperme de l'homme de provoquer des contractions supplémentaires. Par ailleurs, en cas de fausses couches répétées, le couple devra envisager l'usage du préservatif, voire l'absence totale de pénétration.
Pour conclure, il est important d'insister sur l'importance de tenir compte dans tous les cas de la volonté et des ressentis de la femme.
Samuel François
D'après "Je vais être papa!" de H.W. Mallmann Editions Chantecler
[Info Mai 2000]
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